Lectures-fatras

L’envie qui est là, le temps qui n’y est pas, et qui file toujours…

Mais aussi dans un coin de l’esprit, bien présente malgré les mois qui s’accumulent, la requête de ma Cousine Animée, avide de partages littéraires.

Alors voilà, en vrac, partielles et partiales, quelques notes pour mémoire et pour inspiration… J’abandonne mon application ancienne à accompagner chaque commentaire de l’illustration de couverture et du résumé éditeur, en tout cas pour cette fois particulièrement anglosaxone…

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Le dernier lu: Américan gods, de Neil Gaiman

Des mois qu’il s’ennuyait sur une étagère, recommandé avec force par l’Homme-Lavor – inconditionnel de l’auteur; j’avais aimé d’amour « L’étrange vie de Nobody Owens », dévoré « De bons présages » écrit avec Terry Pratchett, apprécié le film d’animation « Coraline » mais je restais rebutée par les aspects sombres qu’affectionne cet auteur, que je considérais comme souvent à la limite de l’horrifique… Celui-ci, c’est un roman pour adultes, et les premières pages, parfois crues et détachées, ont eu bien du mal à m’accrocher. Cela s’est fait pourtant, insidieusement, et ce roman touffu, mâtiné de philosophie, m’a définitivement embarquée (l’extinction de lampe de chevet à 3h du matin, une nuit de changement d’heure dans le sens défavorable, est un critère très sûr me concernant). Certains passages diffusent une atmosphère vraiment particulière, toute en profondeur (le séjour du héros au sein d’une entreprise de pompes funèbres, la veillée du Père-de-tout notamment). Au final, la crudité que j’associe à Neil Gaiman ne me paraît plus si horrifique, mais plutôt liée à une volonté affirmée, et pourtant presque tendre, de nous rappeler notre condition de mortels, justement parce que c’est ce qui nous angoisse par dessus tout et que c’est une idée contre laquelle nous passons la majeure partie de notre temps et de notre énergie à lutter vainement… je me déleste donc de mes dernières méfiances (en imaginant la danse de la victoire de l’Homme-Lavor quand il le saura!).

Ombre sort de prison quelques jours avant la fin de sa peine pour assister aux funérailles de sa femme, tuée dans un accident. Sur son chemin se place obstinément un curieux borgne qui se fait appeler Voyageur et se montre insupportablement cavalier. Lorsque Ombre se rend compte à quel point il a tout perdu, il accepte la place de garde du corps que lui propose Voyageur. Il découvre alors un monde étrange, caché du notre, où anciens Dieux et nouvelles idoles se préparent à entrer dans une guerre entre survie et quête de suprématie. Ombre ignore combien son rôle sera crucial dans ce conflit qui enfle, combien son humanité désespérée est précieuse…

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L’assassin royal, cycle de Robin Hobb (et un parallèle digressif avec Le Trône de fer, de George R. R. Martin)

Ma vaste famille regorge de lecteurs; c’est un cousin féru de SF et Fantasy qui m’a prêté le premier tome; depuis, nous glanons les suivants, Galant-Homme et moi, dans les vide-greniers et chez les bouquinistes… Il faut dire que ce cycle est particulièrement fourni, puisque croisé avec un autre cycle, celui des Aventuriers de la Mer (pour l’ordre de lecture optimal, se référer au lien). J’en suis à la moitié à peu près sans lassitude, en en dévorant un de temps en temps, alors que j’ai calé sur le premier tome du Trône de fer, au style trop ampoulé à mon goût… et pourtant, j’aime les écritures riches, ciselées… mais là, c’est pour moi carrément indigeste; il semblerait que la traduction soit d’ailleurs critiquée par certains. J’ai trouvé beaucoup de similitudes à ces deux histoires, du moins dans la configuration de départ et dans certains « ingrédients de base »; par la suite, j’ai découvert la série télévisée adaptée du Trône de fer et je suis devenue accro, dépassant totalement mes gênes du départ.

Dans un monde médiéval, Fitz se découvre dans son enfance à la fois doué d’un pouvoir tabou qui lui confère un lien magique avec les animaux, mais aussi bâtard de l’héritier du trône. Propulsé à la cour, où il tente de survivre entre mépris et complots, il se trouve assigné à une place dangereuse, secrète mais reconnue par le roi, celle d’assassin royal. Il tente alors d’honorer son serment de servir le roi, tandis que les complots s’amplifient et qu’une menace terrifiante s’abat sur le pays: des pirates étranges capturent les habitants des côtes, en tuent la plupart, et renvoient les autres sur terre privés de leur humanité, déchaînés de violence.

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Les enfants de la Terre, saga en 6 tomes de Jean M. Auel

Prêtée par la Jardinière d’enfants, cette saga nous a fait voyager à travers les âges et les sous-continent, Galant-Homme et moi, à la suite d’Ayla, fillette Cro-magnon orpheline recueillie par une tribu Néandertal. L’histoire retrace son apprentissage des rites et des savoirs transmis par une guérisseuse Néandertal, puis son périple et sa quête d’autres Cro-magnons comme elle, d’abord seule et luttant pour sa survie, puis admise au sein d’une succession de tribus qui lui permettront de déployer toute sa créativité mais l’obligeront à remettre beaucoup de choses en question, bousculant les principes établis.

Certains passages sont longs et redondants, mais l’érudition est certaine (l’auteur s’est d’abord documentée, puis elle est tombée dans la marmite et est devenue une experte reconnue internationalement; sa saga condense un peu le temps à certains moments, mais le tout a été salué par les scientifiques en l’état actuel des connaissances). J’ai souvent la sensation aiguë que nous vivons la plupart du temps comme si nous ne pouvions que difficilement prendre en compte le vécu des deux ou trois générations qui nous précèdent, comme si nos cerveaux n’étaient pas faits pour concevoir naturellement que d’autres nous ont précédés, depuis des centaines de générations, avec leurs découvertes, leurs savoirs, leurs transmissions, leur créativité justement… C’est pour cela que j’ai aimé ces romans, pour leur capacité à nous replacer, avec humilité, dans le cycle des générations, à la fois en montrant les découvertes fondamentales effectuées par l’Homme des millénaires en arrière, mais aussi pour le peu de temps qui nous a été nécessaire, nous occidentaux nantis, pour perdre une multitude de savoirs de base pourtant indispensables à la survie: allumer un feu, se protéger des prédateurs, conserver de la nourriture sans électricité, dépecer un animal, fabriquer nos propres ustensiles à partir de « rien »…

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A suivre…

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